Assassin’s Creed: Ne vous faites pas encapuchonner

assassins-creed-film-afficheL’histoire

 

Censé être décédé des suites d’une injection létale, Callum Lynch se réveille à Abstergo, société étudiant les mémoires génétiques des individus grâce à une machine portant le nom d’Animus. Le but de cette expérience : retrouver la pomme d’Eden, objet qui permettrait de supprimé toute trace de violence chez l’être humain. Callum, en plus de découvrir qui était son ancêtre, découvrira quelle est sa véritable destinée et acquerra des capacités qui lui serviront à affronter les templiers, organisation convoitant la pomme d’Eden.

 

Fiche Technique

 

Réalisé par Justin Kurzel

Genre : Action, Science fiction

Film Américain, Français

 

Interdit aux moins de 12 ans

 

Casting

Michael Fassbender : Callum Lynch/Aguilar de Nerha

Marion Cotillard : Sofia

Jeremy Irons : Rikkin

Denis Ménochet : McGowan

Michael K.Williams : Moussa

Charlotte Rampling : Ellen Kaye

 

Attention, cette critique est complète, il ne vous sera nullement demandé de télécharger un patch  ou un dlc pour la peaufiner.

 

Les adaptations de jeux vidéo en film sont légions et pourtant, rarement réussies. Trop souvent honteuses, insultantes pour tout fan qui se respecte, et ne reprenant que quelques éléments qui ont fait leur succès. Quand est-il de l’adaptation au cinéma du jeu Assassin’s Creed ?

 

« Rien n’est vrai, tout est permis », même de faire une nouvelle daube

 

Resident Evil (saga dont le carnage sera enfin terminé cette année), Super Mario (hein quoi ? Non ce film n’existe pas), Prince of Persia (trop long mais bien foutu), Doom (hormis une séquence en vue à la première personne, il n’y a rien à sauver dans ce film), Street Fighter (que celui avec Van Damme même si c’est du nanar, nous sommes d’accord), Silent Hill (très mauvais souvenir du premier mais excellent souvenir pour le deuxième très fidèle au jeu…ENFIN !!) , Mortal Kombat (avec notre cher Christophe Lambert dans le rôle de Raiden), House of dead (une bouse pour le premier, un excellent divertissement pour sa suite), Tekken (le premier n’était pas trop mal), Final Fantasy Advent Children (aussi mythique que FFVII), Warcraft (les mots me manquent tant ce film est une petite merveille que je n’avais pas vu venir), doit-on frémir en voyant la franchise Assassin’s Creed être elle aussi adaptée en film ?

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10 ans que certains et certaines ont pu découvrir sur consoles la franchise Assassin’s Creed, 10 ans qu’ils ont suivi l’histoire de Desmond Miles, jeune barman retenu prisonnier par Abstergo, une société pharmaceutique lui faisant revivre les souvenirs de ces ancêtres grâce à une machine appelée Animus. Le joueur accompagnait ce héros se trouvant « synchronisé » avec ces ancêtres et devant explorer leur passé afin de retrouver un trésor perdu depuis des siècles : la pomme d’Eden, objet mystérieux (arme ou base de données ?), convoité ET par l’ordre des templiers (une organisation secrète dont les origines remonteraient à plusieurs millénaires) ET par la confrérie des assassins (organisation existant depuis l’aube des temps). Deux camps aux pensées opposées. L’un cherchant à protéger le libre arbitre (les assassins) des humains, l’autre de les guider de manière plus ferme (les templiers).

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Partant en croisade avec  Altair Ibn La-Ahad en Palestine, Ezio Auditore Da firenze en pleine renaissance Italienne, Connor Kenway (Ratonhnhaké:ton de son nom d’indien) en pleine guerre de l’indépendance, Edward Kenway le pirate devenu assassin au temps de l’âge d’or de la piraterie, Arno Victor Dorian pendant la révolution française, puis Jacob et Evie Frye dans Londres de 1858, les gamers se voyaient offrir par les studios Ubisoft, une nouvelle expérience vidéoludique. De quoi regretter que ces jeux ne soient pas sortis à l’époque où certains étaient encore collégiens et lycéens.

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De la conspiration, des trahisons, des mystères, de l’héroïsme, des petites amourettes voir de l’amour passionnel, des rencontres avec de vrais personnages ayant marqué l’histoire, des batailles incroyables, des acrobaties, de l’escalade (vous pouviez carrément escalader la basilique de saint Pierre au Vatican), des courses poursuites (à cheval, en calèche,…), de la chasse au trésor, une optimisation des compétences de votre personnage, des combats à l’épée/couteaux de lancé/dagues/arc avec toujours vos deux lames secrètes cachées dans vos manches  et permettant d’assassiner discrètement vos ennemis, Assassin’s Creed, c’est un jeu d’action/aventure et infiltration en monde ouvert, le tout, accompagné par des personnages attachants, des dialogues puissants (j’affectionne tout particulièrement ces séquences d’après meurtre), un point de vue philosophique très appréciable, une réalisation, un scénario et une recherche sur les évènements/lieux historiques travaillés, ainsi qu’une bande originale vibrante et émouvante (mention au titre Echo of the Roman Ruins d’Assassin’s Creed Brotherhood), ces jeux avaient toutes les qualités d’un vrai film. Pouvait-on espérer retrouver tout ça dans la version filmique ?

 

Comment trahir un gamer en moins d’une demi-heure

 

Avec Michael Fassbender dans le rôle principal, le fait que ce soit la première production des studios Ubisoft Motion Pictures, le travail sur les décors/accessoires et autres éléments propres aux jeux, le célèbre saut de la foi, la vision d’aigle (sorte de deuxième vue des assassins leur permettant de ressentir le monde qui les entoure mais surtout discerner les alliés des ennemis), on pouvait s’attendre enfin à avoir une adaptation respectueuse. Préparez-vous à vomir tripes et boyaux, ce film prouve une nouvelle fois qu’il est grand temps de NE PLUS TOUCHER aux franchises de jeux vidéo.

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Ou alors que les réalisateurs attachés à ces projets aient un peu plus de jugeote en se documentant, jouant à ces jeux tout en prenant des notes, avant de tenter quoi que ce soit qui leur portera préjudice. Surtout du coté des fans car qu’on se le dise, comme pour les adaptations de romans et comics, ce style de film est en premier lieu POUR les fans et en deuxième, pour ceux qui ne connaissent cette franchise que de nom.

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On peut en trouver à la pelle des défauts dans les jeux d’Ubisoft (en tête : les patchs supposés corriger les bugs mais qui ne font qu’en rajouter dix de plus) mais là où il n’y a rien à leur reprocher, c’est bien du coté du soin apporté à la bande originale, au scénario, au personnage principal et aux personnages secondaires, et sur le plan historique.  Or, dans Assassin’s Creed version live, c’est du pot pourri de tout ce qu’il ne fallait pas trouver :

  • Histoire et éléments importants mal expliqués,
  • Les scènes explorant le passé de l’ancêtre de notre héros ne servent…à RIEN,
  • La majeure partie de l’histoire se déroule dans le présent ce qui fait perdre tout son intérêt au film,
  • Long à démarrer (le héros qui est gosse et qui va vivre une tragédie, bond dans le temps 30 ans plus tard, on pose les bases de l’intrigue et c’est parti pour un peu moins de deux heures ou on dort puis on se réveille parce qu’il y a un peu d’action),
  • Rythmique au ras des pâquerettes (dans l’Animus, on essaye de redonner plus de dynamique avec des scènes d’action pour empêcher le spectateur de dormir sauf que…trop tard),
  • Ca sent le film vantard alors que plus débile, tu meurs (mention aux templiers),
  • Marion Cotillard blasée,
  • Tiens Brendan Gleeson qui joue presque de manière furtive,
  • Dialogues aussi ambigus/indécis que ce qu’on retrouvait dans Matrix Reloaded (le film qui embrouille l’esprit avec sa philosophie cartésienne),
  • personnage principal charismatique mais pas attachant,
  • Marion Cotillard en mode stand by, qui s’ennuie toujours et ne croit plus en rien, tout comme Jeremy Irons, carrément les mains dans les poches (si Bruce Wayne te voyait),
  • certains plans répétés sous différents angles avec notamment l’aigle volant au dessus du décor où on a l’impression que TOUTES les rues se ressemblent (non, camoufler tout ça avec de la brume ne change strictement RIEN),
  • Marion Cotillard qui même quand elle se décide à hurler pour montrer que son oscar pour La môme, elle le mérite (bout le plagiat de César dans La planètes des singes) n’arrive toujours pas à y croire (donc visiblement ce n’est pas la faute de Christopher Nolan si la demoiselle a simulée la mort la plus ridicule dans toute l’histoire du cinéma arrivant à battre à plat de couture le méchant moustachu du film Sous l’empire de la haine) se rétame pour la énième fois,
  • La motivation des protagonistes et antagonistes qui laisse à désirer,
  • Charlotte Rampling très crédible quand elle porte une capuche (j’ai cru à une blague mais non, c’est la pure réalité),
  • La prestation fade, plate de tous les autres acteurs (hormis Fassbender, même si ce n’est pas sa meilleure interprétation, il c’est impliqué aussi dans toutes les scènes d’action,).

 

 Le saut de la foi, a foiré

 

Tout n’est pas à jeter. Les scènes de combat, les scènes de parkour sont lisibles et fidèles aux jeux (cf la course poursuite sur les toits), les costumes plutôt bien foutus, le nouveau design de l’Animus transformé en bras métallique surement emprunté au Docteur Octopus est jubilatoire (le personnage de Callum qui reproduit en live les mouvements de son ancêtre en même temps que ce dernier), le saut de la foi réalisé sans trucages, le design futuriste d’Abstergo et les scènes violentes non censurées. C’est trop mince, on sent que le film est exclusivement destiné aux adolescents qui se fichent royalement des incohérences et de l’histoire.

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Le plus impensable dans cette histoire : qu’Ubisoft, pourtant attaché depuis toujours à la franchise est laissé passer autant de bêtises. En gros Assassin’s Creed est du même acabit qu’un Marvel (bien que d’un point de vue esthétique, Marvel remporte haut la main). On reprend des petits trucs de l’œuvre originale (d’où le inspiré de..) et on réinvente l’histoire à sa sauce tout en essayant de camoufler le scénario vide de sens par des tonnes des scènes d’action bien chorégraphiées mais mal filmées. La médaille revient à la bande originale. Pas de réelles musiques, plutôt une sorte de bruit assourdissant donnant la sensation que plusieurs machines à laver ont été mises en route en même temps. Même en se disant que ce film n’est pas à voir comme une suite du jeu, en tant qu’œuvre à part, il manque de tout pour captiver. Dernière chose non sans importance : l’aspect historique propre aux jeux n’existe dans le film que pour vous fournir votre petite dose d’adrénaline. Seule la première scène dans le passé d’Aguilar est digne d’intérêt.

 

Au final, Assassin’s Creed est d’un vide absolu que même Michael Fassbender ne pourra en faire ressortir le spectateur. C’est lent/long/soporifique, les scènes d’action sont presque gratuites/mal filmées car « espace confiné » et présentes pour éviter au spectateur de pioncer, les musiques ressemblent à un bruit assourdissant de machines à laver, trop peu d’explications sur l’histoire et son contenu, acteurs et actrices pas du tout impliqués, film sans âme MAIS cascades et chorégraphies réussies, respect de quelques parties de la mythologie du jeu (templiers, assassins, Animus, lame secrète, crédo des assassins), décors et costumes présent/passé soignés . Rien n’est vrai, tout est permis, ce crédo résume bien ce que j’ai pensé de ce film qui se permet un peu trop de liberté d’une bien trop mauvaise manière. Souriez, vous venez de vous désynchroniser…

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