Don’t breathe: A voir les yeux fermés ?

dontt-breathe-afficheL’histoire

 

Trois jeunes cambrioleurs bien décidés à quitter les quartiers pauvres de Détroit ont mis au point un ultime braquage : récupérer une petite fortune gardée dans un coffre dans la maison isolée d’un vieil homme aveugle.  Tout semblait être un travail facile jusqu’à ce que les trois cambrioleurs s’aperçoivent que leur victime est loin d’être si inoffensive qu’elle n’y parait…

 

Fiche technique

 

Réalisé par Fede Alvarez

Genre : Epouvante, Horreur, Thriller

Film Américain

Film Interdit aux moins de 16 ans

 

Casting

 

Avec Stephen Lang dans le rôle du vieil homme aveugle

Dylan Minnette dans le rôle d’Alex

Jane Levy dans le rôle de Rocky

Daniel Zovatto dans le rôle de Money

 

Don’t breathe : La maison des ténèbres où comment prendre le futur spectateur de cette ignominie pour un pigeon bien grassouillet. Une fois encore, l’équipe marketing mise sur une promotion exagérée et mensongère pour vous appâter. On va essayer d’attirer les ados fanas d’horreur (plus attirés par les jumpscare sinon c’est pas de l’horreur), le hardcore fan de films d’horreur qui possèdes une étagère complète avec des films de ce style et qui se précipite au cinéma dès qu’une nouveauté sort (même si il sait pertinemment que ça sera une bouse), et ceux qui sont du genre à filer en vitesse lumière en salle à la seule vue d’une affiche au design plutôt accrocheur. Nouveauté à voir ou à fuir ?

 

 

Spectateurs et spectatrices, ON VOUS MENT !

 

Je ne sais par où commencer. SI, il y aurait déjà beaucoup à critiquer sur l’affiche du film dont je vais vous parler. Tout d’abord, je ne peux m’empêcher de bugger en lisant la première phrase critique du film. Toujours la même rengaine, toujours cet air de déjà vu. Des « Le meilleur film d’horreur de ces 20 dernières années «, on en a pratiquement à chaque sorties de films d’horreur. Je suis désolé mais ça ne prend plus depuis Paranormal Activity 2.

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Pour le moment, seuls les deux Conjuring, The boy ou bien Mister Babadook  s’en sortent avec les honneurs et méritent cette attribution.  A croire que c’est la première fois que les rédacteurs du magazine qui a sorti cette ânerie ont vu un film d’horreur. Passons à la suite en voyant que le titre de notre film écope d’un sous titre histoire de vous donner encore PLUS envie d’aller le voir. Don’t  Breathe : La maison des ténèbres ? Sérieux ? La maison des ténèbres ? Non, pas de maison hanté, pas de vieil homme possédé par un démon, pas de fantômes ou de monstres enfermés dans une pièce puis libérés pour l’occasion. Pourquoi opter pour ce sous titre? On ne sait pas. Juste pour faire plus racoleur, plus classe, plus stylé.

 

La création de l’affiche est plutôt sympa, classique, mais ça marche.

  • Il fait nuit noire (avec suffisamment de brouillard pour donner un petit coté mystérieux faisant froid dans le dos),
  • trois jeunots s’approchent d’une maison délabrée, loin de toute civilisation, entourée de grands arbres dont un sans feuilles et camouflé derrière la demeure d’un homme dont on peut apercevoir la silhouette à la fenêtre du dernier étage,
  • dans le ciel étoilé on remarque une personne ayant un regard apeuré,
  • puis tout en haut, on peut lire cette phrase (Le meilleur film d’horreur de ces 20 dernières années) qui nous inciterait presque à aller voir ce film les « yeux fermés ». Manque de bol en voyant le film, notre maison n’est pas si (isolée) que ça, loin d’être le seul habitat du quartier où elle se situe.

 

En consultant la fiche du film sur le site Allociné, je vois une interdiction aux moins de 16 ans. Interdire ce film aux moins de 16 ans ? Pour quelles raisons ? Nouvelle technique pour empêcher les jeunes prés pubères de mettre encore le souk dans les salles pendant la projection ? Soyez rassuré ou non, Don’t breathe n’a rien d’effrayant, rien de choquant. Il a plus des allures de thriller claustro que de film d’épouvante.

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Cette nouvelle œuvre signée Fede Alvarez (qui avait pourtant réalisé le remake raté d’Evil Dead), est une sorte de Panic Room, en version inversée. Cette fois, on se concentre sur un groupe de trois jeunes vivants dans la pauvreté, n’ayant aucunes autres solutions (même pas bosser dans un fast food ou dans un supermarché ? ) que de cambrioler des maisons pour se faire suffisamment d’argent et ainsi, quitter leur ville. On ne va pas s’attarder à justifier leurs actes et cette lâcheté de s’attaquer à un handicaper. Sauf à la rigueur pour Rocky (pas Balboa), le personnage féminin de notre histoire qui cambriole des maisons pour échapper avec sa petite sœur à leur mère violente. Est-ce que la morale est sauve pour autant ? Non, et c’est bien là le problème. Le caractère des deux autres personnages masculin accompagnant la jeune femme n’arrangera rien.

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Entre Money (oui, c’est son prénom), une petite frappe qui se la joue caïd et le plus jeune, le plus paumé du groupe, Alex, c’est la croix et la bannière. Alex qui, si on y réfléchit bien, est le seul à ne pas vivre dans la pauvreté avec une baraque plutôt confortable. Pourquoi fait-il ça ? Pour se prouver quelque chose à lui même ou prouver quelque chose à Rocky ? Et oui, notre personnage en pince tellement pour  la jeune fille qu’il a sans aucune doutes possible intégré la bande et faire tout pour que sa future dulcinée tombe dans ses bras. Sert-il à quelque chose dans le film ? C’est discutable. Ha si, notre personnage sert à quelque chose : son père étant responsable d’une société de sécurité, Alex lui chipe les clés chaque fois qu’il y a une maison à cambrioler. Arrive le moment où le jeune garçon éprouve des remords, pensant aussi à ce que son père penserait de tout ça, commençant surement à se rendre compte que ce qu’il fait ba c’est pas bien. Le voila prêt à quitter le groupe.  Mais il reste encore une bonne heure vingt avant que se termine le film. Money a vent d’un nouveau coup qui pourrait leur faire gagner la somme de 300 000 dollars. Le groupe se reconstitue une toute dernière fois.

 

Retirez vos chaussures et retenez votre respiration

 

Face à eux, la future victime : un ancien militaire devenu aveugle à la suite d’éclats de grenade lui ayant brulé les yeux. Vieil homme vivant seul avec son chien dans une petite maison isolée dans un quartier dévasté où il tente de continuer à vivre malgré la mort tragique de sa fille. Excellent jeu de Stephen Lang (le colonel Miles Quaritch dans Avatar) envers qui on éprouve beaucoup de peine. De quel coté allez-vous vous mettre ? Du coté de cette bande de têtes à claques sans charisme (sauf Rocky) ou bien du coté de cet homme aveugle loin d’être blanc comme neige mais qui n’a rien demandé à personne ?

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Si vous êtes suffisamment logique, juste, et avez un minimum de valeurs humaines, votre cœur balancera pour cet homme qui ne fera que protéger sa demeure. Partant de là, les mots ANGOISSE et TENSION sont à bannir. Comment éprouver de l’empathie pour trois jeunes blancs becs aussi dégénérés et égoïstes, ne mesurant pas la gravité de leurs actes ? Comme pour La dernière maison sur la gauche, les assaillants se retrouveront assaillis.

 

A voir comme un thriller et non comme un film d’horreur

 

Parce que ces héros sont des petits jeunes, Don’t breathe va tenter de reprendre les codes habituels des films d’horreur de maintenant en donnant la priorité aux jumpscare (aller, j’exagère, on en abuse pas mais ils sont là dès le début du film) toujours aussi téléphonés (aller, je me suis laissé surprendre une fois mais ça c’est parce que je commençais déjà à bailler aux corneilles). TOUT le reste, c’est du piochage, du copier coller de tels ou tels films du genre. Notre cher et tendre réalisateur, qui essaye de nous impressionner avec des  travellings, de faux plans séquences pour nous balader dans cette grande maison, doit être grand fan des films Cujo et Panic Room. Même le concept de l’homme aveugle qui ne voit donc RIEN mais entends et sent (gare aux pieds qui puent !) PARFAITEMENT, n’est pas exploité comme on l’aurait espéré. Celui qui est le mieux exploité dans le film, c’est le chien de la victime ! Chien qui a bien été dressé et compte bien protéger sa maison au péril de sa vie. Rien ne l’arrêtera  et ce n’est pas parce que vous arriverez à vous faufiler dans un conduit d’aération qu’il ne vous suivra pas.

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On a quelques petites idées sympa où l’on joue avec les bruits de pas et de plancher qui grince, de respiration de nos personnages qui tremblent de terreur, inverser la tendance en les plongeant dans le noir, ou bien encore ces quelques passages où l’un des héros se retrouve seul dans un long couloir où il sera face au vieil homme encore en grande forme, capable de vous briser le cou en moins de deux.  Rien à dire sur le travail des bruitages (appelé sound design).

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Notre cœur balance pour Alex qui ne sert certes pas à grand-chose mais mérite-t-il cependant de mourir ? Lui et Rocky sont, même si on ne cautionne par pour autant leurs actes, loin d’être si égoïstes qu’ils n’y paraissent. Quant à Money, sa bêtise, sa vulgarité, son coté agressif (dût surement à une enfance terrible), en font un élément à abattre très rapidement. Mais il va falloir prendre votre mal en patience vu que le film dure une bonne heure et demie. Le temps de se promener dans chaque recoins de la maison, en apprendre plus sur le passé torturé et sombre de notre vieil homme, vous montrer qu’il est quasiment IMPOSSIBLE d’espérer ressortir avec les 300 000 dollars dans votre petit sac à dos rouge, tenter de vous faire sursauter, de vous angoisser. Il y a un hic, en plus d’avoir des protagonistes dont on n’éprouve aucun remords à l’idée de les voir trépasser, lorsque l’on décide de donner la parole à notre pauvre aveugle qui ne s’arrêtera plus de jacasser et pleurnicher jusqu’à la fin du film, ça vire encore plus au désastre.

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Quant à la conclusion de tout ça, elle laisse un gout amer dans la bouche. Bien sur c’est rythmé, bien sur c’est bien filmé, bien sur c’est violent (mais de là à interdire le film aux moins de 16 ans…), bien sur c’est sympa d’avoir encore des indices visuels annonçant les futurs évènements (comme Panic Room avec ses gros plans sur le téléphone), mais le thème a déjà été exploité maintes et maintes fois de meilleures manières.

 

Au final, Don’t Breathe est un beau mensonge. N’espérez aucunement découvrir un film d’horreur original voir même effrayant. C’est juste un huit clos maladroit misant tout sur une pseudo tension et un homme aveugle charismatique quant il est muet mais ridicule lorsqu’il commence à l’ouvrir. Un jeu d’acteurs allant de moyen à mauvais voir caricatural, trop de longueurs, une morale consternante, un pot pourri de tout ce qui rend si détestable la plupart des films d’horreurs de notre époque, un thème très mal exploité.  Dans le genre huit clos qui fou vraiment les chocottes, qui est bien foutu et dont on éprouve de l’empathie pour son protagoniste, je vous conseille The collector.

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