Hellraiser Inferno: Pinhead, ce psychologue

hellraiser 5 afficheL’histoire

 

Joseph Thorne, un détective drogué et corrompu enquête sur le meurtre d’un de ses anciens camarades de classe. Sur les lieux de l’assassinat, il découvrira deux éléments : le doigt d’un enfant et une étrange boite. Parce que le détective est fasciné par les énigmes, il ne tardera pas à percer le mystère de cette boite. Seulement cette fois, rien ne semble se produire. Pendant ce temps, les meurtres continuent de s’accumuler, le mode opératoire du tueur est toujours le même. Thorne, déjà distant avec sa famille et qui est en proie à de terribles visions, se réveille un matin et découvre que la prostituée avec qui il avait passé la nuit a été assassinée. Tout porte à croire que c’est lui le coupable. Tournant le dos à son coéquipier et ses collègues, il tentera de prouver son innocence. Pour cela, il devra trouver le vrai meurtrier, un individu se faisant appeler : l’ingénieur.

 

Infos sur le film

 

Réalisé par Scott Derickson

Avec Craig Sheffer, Nicholas Turturro, Doug Bradley

Genre : Policier, Thriller, Épouvante, Horreur

Film Américain

Durée : 1h35 environ

Interdit aux moins de 16 ans

 

 

Cinquième film pour la saga Hellraiser. Depuis le début de cette série de films, on a apprit pas mal de choses sur  les origines de Sir Pinhead, le prince de la douleur, chef des cénobites, créatures de l’enfer. Après un premier épisode dérangeant, les suites ont baissées en qualité jusqu’au point de faire de notre boogeyman un personnage plus humoristique malgré lui que terrifiant dans ces débuts. Dégringolade assurée avec des suites de plus en plus pathétiques faisant perdre l’identité du premier film. Un premier épisode dérangeant et presque traumatisant, un deuxième moins cauchemardesque, un troisième un peu trop classique et un quatrième nous donnant l’impression que les scénaristes étaient sous acide, il y avait de quoi avoir peur pour le cinquième opus. Et bien figurez-vous que ce cinquième Hellraiser, bien qu’accumulant pas mal de défauts, est scénaristiquement le plus captivant des 5.Voici Hellraiser V : Inferno.

 

 

Quand Hellraiser se transforme en polar

 

On arrête les voyages dans le temps et on situe l’intrigue de notre film dans les années 2000. Ce qui avait toujours fait le succès des Hellraiser c’était son ambiance, le coté morbide, cauchemardesque,  crade accompagné d’érotisme et de monstres plus vilains les uns que les autres. Dès le retentissement des premières notes de musiques lors du générique (accompagné de flash rouges à faire entrer en convulsions un épileptique), c’est une tout autre ambiance que l’on retrouve. Et si Hellraiser 5 changeait son ambiance ? Et si au lieu d’avoir cette fin un film d’horreur, nous avions le droit à un film policier et psychologique ? Ici, Scott Derickson( responsable plus tard des films L’Exorcisme d’Emily Rose et Sinister) , encore débutant, s’éloigne complètement de l’œuvre originale pour une œuvre ressemblant beaucoup à l’esthétisme et l’ambiance d’un certain Seven, réalisé par David Fincher. Ambiance sombre, sale, le tout amplifié par ce monologue donnant un coté charmant au film.

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Bien entendu, on garde certains ingrédients qui ont fait le charme de la saga mais on s’attarde surtout sur la psychologie de notre personnage principal, complètement pourri. Hellraiser 5 c’est un polar. Qui dit polar dit musique d’ambiance,  à l’ancienne, accompagnée d’un monologue rempli de désespoir et  prononcé par le personnage dont nous suivrons l’enquête mais aussi le quotidien. Les cénobites, Pinhead, l’érotisme, les scènes ultra sanglantes et dégoutantes feront presque de la figuration cette fois-ci. Plus de tortures physiques, Hellraiser 5 traitera de l’enfer d’un point de vue psychologique. Comme quoi Hellraiser Inferno porte bien son titre.

 

Ce personnage principal qu’on détestait

 

Joseph Thorne, est un détective pourri jusqu’à la moelle. Arrogant, prétentieux, drogué, corrompu, ambigu, père de famille indigne (c’est quoi ce délire de frotter son visage contre celui de sa fille qui dort ?), mari infidèle, il a tout du personnage détestable. Ca change déjà pas mal des autres personnages principaux qui avaient toujours été plus ou moins attachants. Plus de héros, place à un anti-héros.  Cette fois, le spectateur jubile à l’idée de voir ce personnage rencontrer Pinhead. Bien entendu, on se doute bien que le retour de bâton, notre personnage ne le recevra que vers la fin du film mais il sera intéressant de savoir comment ça arrivera. C’est là que vous ne serez pas déçu du voyage, là que vous verrez qu’il y a d’autres souffrances encore plus horribles que de se faire arracher la peau à coup de crochets. Seulement il y a un hic, la grosse tache qui fait que ce cinquième film, vous ne le regarderez qu’une fois : son casting.

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Avec Craig Sheffer( Et au milieu coule une rivière),  acteur mono expressif ( sorte de jumeau diabolique de l’acteur Josh Brolin) qui interprète le personnage principal, on a un peu de mal à le supporter. Il faut voir l’acteur jouer les hommes surpris dans certaines scènes. Ça en devient comique. Pour les autres acteurs, bien que le coté caricatural soit absent, on ne les sent pas du tout impliqués. Bien que le fait que scénaristiquement parlant, nous avons enfin une intrigue fouillée et intéressante, on est quelque peu en perte de repaire. Hellraiser n’est plus vraiment Hellraiser même si les cénobites se montreront parfois.

 

Après le Pinhead déprimant, place au Pinhead moralisateur

 

Pinhead est de retour, moins torturé, moins déprimant, plus silencieux, moins présent, mais quand même là. Un souci : notre personnage joue cette fois les moralisateurs. Terminé le Pinhead qui a soif de voir les gens souffrir, le Pinhead a vous donner des envies de suicide, place à un Pinhead presque gentil, poétique et qui vous fait en plus la morale. D’un point de vu physique et prestance, l’antagoniste a bien du mal à nous effrayer et on s’interrogera de plus sur son teint un peu trop bleuté comparé au teint blafard qu’il avait toujours eu. Pinhead n’est cette fois-ci plus accompagné par son petit animal de compagnie. Notre pauvre antagoniste, surement en quête de rédemption (je plaisante bien entendu, mais ces agissements prêtent à confusion) redevient solitaire.

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Les cénobites, vous n’en verrez que très peu. Ceux qui retiennent notre attention : les jumelles cénobites (qui feront quelques folies répugnantes avec notre anti-héros) et une sorte d’homme tronc, un cénobite ne possédant qu’un buste, des bras et bien sur une tête (pour ce déplacer je vous raconte pas la galère). On ne peut s’empêcher de voir qu’on retrouve ce qui faisait le charme des deux premiers films : le design original des créatures. Bien loin de la vaste blague qu’avait été l’apparence des cénobites dans Hellraiser 3, ici, c’est une vraie réussite.

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La tension revient elle aussi mais sous une autre forme. De plus, le monde des cénobites a laissé place à autre chose de moins cauchemardesque. La photographie est sombre, les effets spéciaux réussis mais très différents et moins nombreux, le réalisateur veut surtout nous faire entrer dans la tête d’un homme en pleine dégradation psychique. Ce qui est réel, ce qui ne l’est pas, impossible de le savoir, ni pour notre personnage, ni pour nous.

 

Au final, Hellraiser 5 est réussi et soigné du coté de son intrigue captivante, son esthétisme et de son coté psychologique bien développé. Seulement, notre cinquième film comporte très peu d’action, très peu de gore plus suggéré que montré, très peu de cénobites et un Pinhead qui se fait trop attendre. Hellraiser 5 continue de perdre son identité malgré les bonnes idées qui fourmillent dans cette suite. Malgré ses défauts, ce cinquième film surprend par cette volonté de nous offrir autre chose et nous montré que scènes de gore et de souffrances ne riment pas pour autant avec qualité.

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