Les visiteurs, La révolution: Pas mauvais, juste moins drôle

visiteurs révolution afficheRésumé du film

 

Toujours dans les couloirs du temps, Godefroy de Montmirail et Jacquouille la Fripouille se retrouvent en pleine révolution française, l’époque de la grande terreur. Alors que les nobles sont guillotinés nos deux héros sont en attente de leur jugement. Réussissant à s’évader avec Jacquouille, Godefroy prend connaissance de la confiscation du château et de tous les biens des Montmirail par la descendance de Jacquouille. Alors que les derniers Montmirail tentent de prendre la fuite, Godefroy se met en tête de retrouver l’héritier de la famille et le remettre sur le trône.

 

Infos sur le film

 

Réalisé par Jean-Marie Poiré

Avec Jean Reno, Christian Clavier, Karin Viard, Frank Dubosc

Genre : Comédie

Film Français

Durée du film : 1h55 environ

 

 

De retour après un remake décevant sans pour autant être mauvais, Les visiteurs La révolution, vrai troisième épisode embarque le spectateur en plein cœur de la révolution française. Après un bref récapitulatif de nos films précédent, nous retrouvons Godefroy de Montmirail et son écuyer Jacquouille la Fripouille toujours aux mains des révolutionnaires. Pendant ce temps, au XIIème siècle, on s’inquiète de l’absence de Godefroy qui, s’il ne rentre pas rapidement perdra son château qui sera détruit. De retour en 1793,  après avoir réussis à s’évader de prison, Godefroy et Jacquouille se retrouveront en fuite avec les descendants de Godefroy et tenteront désespérément de trouver un enchanteur pour retourner à leur époque.  Fidèle à ses ainés, mais moins drôles qu’eux, ce troisième opus ne sera pas un ratage complet.

 

 

La faiblesse du film ? L’époque

 

Une fois de plus beaucoup de bruit sans aucune argumentation constructive.  Descendu avant même qu’il ne sorte au cinéma, Les visiteurs La révolution est la preuve que l’on juge un film sur son pays de création. Ou l’opinion sera blanc, ou il sera noir, il n’y aura pas de juste milieu. Le cinéma français ne se limite pas aux films de Kev Adams ou au même style d’histoires se déroulant tout le temps dans un appartement. Depuis quelques années, le cinéma français est en train d’évoluer, se renouveler, nous offrir des œuvres un peu plus originales même si on est encore loin d’avoir des films de grandes qualités. Bien sur, on aura encore un sérieux problème en termes de jeu d’acteurs même si certains nouveaux venus montrent déjà qu’ils ont un grand talent. Attention,  même si on attendait tellement mieux de ce Visiteurs La révolution qui faisait suite aux Visiteurs 2 sorti en 1998, le film ne sera pas pour autant mauvais. Loin d’être une déception totale, il faudra encore moins  le comparer à cette grosse déception qu’avait été Les Bronzés 3 Amis pour la vie.

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Contrairement à ce dernier ou bien encore à la suite des Trois frères, on ne réchauffe pas les blagues, situations et répliques des précédents volets même si deux ou trois échapperont à nos protagonistes vers la fin du film. Jean Marie Poiré a voulu s’éloigner plus ou moins de l’ambiance que l’on connaissait pour nous offrir autre chose. Malheureusement, ce n’est pas tant le fait que le film soit moins drôle et peut être trop sérieux qui gène mais plutôt le changement d’époque. Nous sommes autant déroutés que Godefroy et Jacquouille. L’époque n’est pas assez exploitée même si des bonnes idées sont visibles par ici et par là. Il y a une fois encore un excellent travail sur les costumes, décors d’époques et références.

 

« Remets nous trois pichets la vieille gueuse allé ! »

 

Exit l’humour des deux premiers volets

 

C’est là où le spectateur va commencer à être dérouté. Notre film, bien que commençant de la même manière que les deux premiers opus, permettant de retrouver avec nostalgie nos deux héros, de retrouver les musiques toujours composées par Eric Lévi, change son humour après les trente premières minutes. Nous sommes plongé en pleine révolution française, les mentalités ont changées, comme la culture, le style vestimentaire et le langage. Nous avions été habitués à voir Jacquouille et Godefroy apprendre à vivre à notre époque. Mais en 1793, c’est tout autre chose auquel nous assisterons et même si Jacquouille regrettera la modernité des années 90 et le fera savoir à plusieurs reprises.

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Problème justement avec Jacquouille, plutôt Christian Clavier, l’acteur en fait des tonnes, comme s’il était euphorique. Ça passait merveilleusement bien dans les autres films mais là, ça agace. Du coté de Jean Reno, il est totalement effacé du film, passant carrément au second plan au profil des nouveaux personnages qui agaceront plus qu’ils ne feront rire.  Quelle tristesse de sentir sa présence alors que pour le peu qu’on le voit à l’écran, l’acteur n’a absolument rien perdu de son charisme. On ne sent plus la recherche au niveau des gags, même si certaines répliques feront mouche, les crises de rires seront quasi-inexistantes. Néanmoins, nous aurons le droit à de nouvelles répliques, certes peu nombreuses qui marqueront sans doute dans les prochaines années, tout comme certaines séquences elles aussi, cultes « notamment sur l’hygiène et odeurs corporelles de nos deux héros ». Mais malgré tout, on est bien loin des gags des deux premiers films. L’humour dans notre film sera particulièrement lourd, tout comme les dialogues presque sans grand intérêt et le scénario qui patauge n’aideront pas ce troisième opus à être aussi savoureux que ces prédécesseurs.

 

« Ils lui ont tronçonné la capsule! »

 

Duo en retrait au profil des nouveaux venus

 

Cette désagréable sensation d’avoir le sentiment que Jean Reno et Christian Clavier font plus de la figuration qu’autre chose, vous la ressentirez très vite. On ne sait pas pourquoi, les deux acteurs sont mit souvent de coté pour mettre plus en avant les nouveaux personnages. Nouveaux acteurs, peut être un peu trop repêchés du film « Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ? », on est frustré, allant jusqu’à avoir cette sensation de trahison de la part du réalisateur.  Le pire c’est que, si vous avez vu les deux premiers opus, l’histoire étant entamée, vous serez obligé de voir cette suite sur grand écran ou lors de sa diffusion à la télévision.

 

 

Frank Dubosc nous fait du Frank Dubosc, Marie-Anne Chazel, la concierge de l’immeuble où loge les Montmirail et révolutionnaire convaincue réussira à relever un peu la barre, Ary Abittan fera sourire mais agacera par la suite à cause de son jeu exagéré, Alex Lutz s’en sortira difficilement et Karin Viard, qui bluffera malgré tout par son jeu donnera la sensation d’avoir oubliée qu’elle joue dans une comédie et pas dans un drame historique. Pascal N’Zonzi, qui interprètera Philibert, compagnon de Prune, méritait beaucoup mieux que quelques scénettes alors qu’il sera l’un des seuls acteurs à faire rire et nous montrer quel grand acteur il est « et dire que son nom n’apparait même pas sur l’affiche du film, quelle honte ». Finalement, c’est l’actrice Sylvie Testut qui apportera beaucoup au film en incarnant Charlotte Robespierre, la compagne de Jacquouillet. Son comportement digne d’une instructrice ferme mais adorable sera charmant. Une jeune femme défendant l’égalité et la justice dans tout ce chaos, ce qui promettra de sympathiques moments.

 

«Hourraaa, c’est plus laïc !»

 

Une époque pas assez exploitée

 

C’est l’un des problèmes majeurs du film. Alors que les premières minutes situées en plein Moyen Age permettaient de voir que Jean-Marie Poiré et Christian Clavier avaient toujours d’excellentes idées en tête du cotés des répliques et gags, on s’aperçoit qu’arrivé en pleine période révolutionnaire française, le choc culturel est quasi absent. Du coup, pratiquement, voir pas du tout de décalage entre nos deux héros et les Français de 1793, donc moins de gags, moins de répliques délirantes. Heureusement, on pourra au moins sourire en voyant que du coté contexte politique de l’époque et aussi du coté du descendant de Jacquouille, Jacquouillet, grand accusateur, les scénaristes auront de belles idées farfelus mais comiques.

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Seulement attendre plus de trois quart d’heure pour enfin être pris dans l’histoire et rigolé un peu, c’est un peu décevant. Sera beaucoup plus mise en avant l’histoire de notre pays. Le regard sur cette époque sera très politique avec un Robespierre présenté comme un dictateur égoïste. On aime, on n’aime pas, il est intéressant d’en apprendre un peu sur cette période. 1793, c’est aussi tout le contraire de ce que l’on retrouvait au XIIème siècle. Cette fois, les gueux sont devenus libres, les nobles perdent leurs châteaux, leurs biens, leurs dignité et pour beaucoup, la vie. Scénario qui sera donc plus bavard que comique.

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Dommage de ne pas avoir assez exploité cette nouvelle époque d’où les français étaient en pleine révolte. On jouera cependant beaucoup sur le coté précieux de nos aristocrates en fuite. Nous aurons par ailleurs une explication sur l’apparence physique de nos deux protagonistes. Je le rappel, le film faisant directement suite au premier opus, les acteurs ont vieillis. Quelle pirouette scénaristique Jean-Marie Poiré a-t-il pu bien trouver ? La réponse est plutôt comique et bien trouvé.

 

« Le citoyen Couille, non, ça n’ira pas, pourquoi pas le citoyen Bourse ? »

 

Pour conclure

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Les visiteurs La révolution fera sourire, rarement rire mais ne sera pas pour autant mauvais sur toute la ligne. Décors et costumes splendides, gros travail sur les dialogues et faits historiques de l’époque, musiques splendides bien que peu nombreuses, on sent qu’il y a eu du travail, on sent l’implication, la documentation afin d’être au plus prêt  sur le plan historique, la volonté de nous offrir quelque chose de nouveau tout en gardant les bases des deux premiers films. Comment les critiques peuvent-être encore une fois si odieuses avec un réalisateur qui a quand même essayé de nous offrir quelque chose de qualité ? On se doutait bien qu’il était impossible d’égaler le premier opus. Des problèmes, il y en a et c’est ce qui fait que, même si le film n’est pas nul, il aurait pu être meilleur. On regrettera que Christian Clavier, surement euphorique à l’idée de reprendre l’un de ses meilleurs rôles, abuse un peu trop lors de nombreuses scènes, faisant de Jacquouille un personnage beaucoup trop agité perdant presque sa saveur d’antan. On regrettera la mise un peu trop en avant de trop nombreux nouveaux personnages éclipsant totalement notre duo original, tant et si bien qu’on se demandera s’il est vraiment question d’ une suite des Visiteurs ou un spin off. Restera la fin, frustrante et quasiment décourageante, nous montrant qu’une suite est obligatoire pour « conclure ? Ou pas… » enfin les mésaventures de notre duo. Les visiteurs La révolution : pas mauvais, juste moins drôle que les deux premiers.

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